Le don de cadeaux : et s'il n'y avait pas que le geste qui comptait ?

Publié le par N.A.

Nombreux sont les exemples de services autrefois gratuits qui tendent aujourd'hui à s'inscrire dans une sphère commerciale. Et pourtant, il est un évènement qui échappe à cette logique marchande : l'échange de cadeaux notamment au moment de Noël.


Qu'est-ce qui caractérise un échange ?

L
es échanges sont omniprésents dans notre société. On parlera d'échange lorsqu'il y a un phénomène de transfert réciproque entre deux parties, chaque partie cédant à l'autre des biens ou des services plus ou moins équivalents. Il existe deux principales conditions à l'échange : la première concerne les sujets qui doivent adopter un comportement d'ouverture ; la seconde concerne les objets échangés qui ne doivent être ni complètement identiques ni complètement hétérogènes. On suppose en effet qu'un bon échange est un échange qualifiable de "juste" ou d'égal.

Le don, quant à lui est caractérisé par son unilatéralité. Le verbe donner peut prendre des significations sensiblement différentes selon les contextes où il apparaît. Au sens large, le don est un bienfait gratuit destiné à autrui. C'est quelque chose que l'on cède sans contrepartie. Au sens restreint, donner c'est faire un don gratuit, un cadeau, une œuvre de charité, ou encore un geste généreux.


Echanger, c'est donner et recevoir

L
e don se distingue des autres formes d'échange. On considère que dans l'échange de dons, l'objet et la valeur associée sont secondaires et que c'est la relation entre les partenaires qui compte le plus. Lors d'une transaction marchande, les partenaires sont libérés de leur dette, mais dans une opération de don, plus il y a d'échanges, plus il y a création de lien social. Le don est un geste facultatif qui fonde toute sa valeur sur son caractère volontaire. Cependant, il est difficile de refuser un cadeau d'un ami et de ne pas se sentir, un jour, obligé de lui en faire un. Tout don crée une dette et par conséquent est la composante d'un échange, de la même façon qu'une vente (ou même un contrat) implique des prestations mutuelles entre vendeur et acheteur. Le fait de ne pas rendre n'est pas nécessairement puni mais il contribue à la détérioration de sa propre image. C'est pourquoi le don se caractérise également par l'incertitude. Quand on donne on ne sait pas si l'on recevra en retour ni, si c'est le cas, ce que l'on recevra.

Le sociologue Marcel Mauss, dans son ouvrage de 1923 "Essai sur le don", expose que tout don appelle un contre-don, un retour, et qu'il n'est donc que la moitié d'un échange. Certes, dans un don, on ne négocie pas, on ne fixe pas de prix et la démarche commence par une offre et non par une demande. Pour autant, le don n'est pas une pratique libre mais induit une obligation implicite pour chacun des partenaires : obligation de recevoir et obligation de rendre. Le contre-don est également soumis à des règles. Il peut avoir lieu tardivement ou dans un court délai et il peut également être supérieur en qualité.

La relation privilégiée qui résulte du don ou du contre-don crée ce que les sociologues appellent une "dette positive", c'est-à-dire une dette qui ne symbolise pas un manque mais l'existence d'une relation particulière faite de confiance, ou éventuellement de défi, entre des personnes.


Comment interpréter le don ?

I
l ne semble donc pas exister de don au sens strict. Celui qui donne exprime (même inconsciemment) un besoin de rendre ce qu'il a un jour reçu ou bien encore une espérance de recevoir quelque chose en retour. Ainsi, un employé qui touchera une prime, estimera que c'est un don normal de son supérieur compte tenu du travail qu'il a fourni, mais cela l'incitera à travailler davantage pour "justifier" ce don et éventuellement en accueillir un autre.

En ce qui concerne les cadeaux de Noël, il y a toute une dimension sociale qui est attaché au don. Offrir un cadeau à quelqu'un, c'est montrer une part de soi, montrer que l'on tient à cette personne et que l'on est à l'écoute de ses "désirs secrets". Et lorsque ces désirs ne sont pas exprimés, le bénéficiaire est d'autant plus satisfait et se sentira encore plus redevable. L'échange de cadeaux peut alors conduire à la création de tensions dans le sens où les individus peuvent ressentir qu'ils n'ont pas fait l'objet d'une attention assez poussée, ou bien ils se sentent en partie dominés parce que la personne en face s'est imposée avec un cadeau jugé "meilleur".

Ce qu'il est important de retenir c'est que ce n'est pas la valeur marchande de l'objet en lui-même qui compte. En effet, certains travaux ont mis en évidence que les personnes réévaluaient les cadeaux qu'ils recevaient en prenant en compte des éléments comme une estimation du temps consacré au choix du cadeau, ou encore la recherche d'informations sur un objet qu'ils n'auraient pas effectué par eux -mêmes.


E
t vous, quel sont les meilleurs et les pires cadeaux que vous ayez reçu ?
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Publié dans Economie - Société

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L
pour ma part, ce fut mon appareil photo numerique enfin là il se fait vieux ...... il m'en faut un nouveau !!
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O
c'est un peu dur de parler de "pire" cadeau dans le sens ou je ne pense pas qu'on m'ait fait de cadeau intentionnellement mauvais (car ça peut arriver aussi!).Par contre le cadeau qui m'a fait le plus plaisir sur le moment ça devait être ma super nintendo! eh oui ça date! woaw, quel bonheur!^^ 
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