Fraude historique dans le marché de la finance

Publié le par A.F.

Image8.jpg
D
epuis jeudi dernier, tous les regards se portent vers la Société Générale : Jérôme Kerviel, jeune trader de la Société Générale, est accusé d’être l’auteur d’une fraude gigantesque de près de 5 milliards d’euros en dissimulant des opérations financières. L’affaire, qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la finance, vient s’ajouter aux pertes de plus de 2 milliards d’euros déjà subies du fait de la crise des subprimes aux Etats-Unis.
Cette fraude a été découverte par la direction de la Société Générale dès le vendredi 18 janvier. Daniel Bouton, actuel directeur général de la Société Générale, a immédiatement pris la décision de déboucler c’est-à-dire de vendre les actions pour éviter des conséquences encore plus graves. Sans cela, les pertes auraient atteint la barre des 50 milliards d’euros en raison de conditions de marché défavorables.
La direction de la banque a tenu à rassurer observateurs et investisseurs sur sa santé. En effet, malgré ces pertes massives, l’établissement financier devrait afficher un bénéfice net compris entre 600 et 800 millions d’euros pour 2007.

 
Le courtier a été placé 48h en garde à vue et les enquêteurs tentent de comprendre comment il a pu déjouer les systèmes de contrôle des transactions des marchés. Pour que ces opérations fictives ne soient pas identifiées, il a privilégié des transactions qui «limitaient les occasions de contrôle», ne donnant pas lieu par exemple à des mouvements de trésorerie.

Ayant débuté sa carrière dans le suivi de marché, Jérôme Kerviel aurait usurpé les codes d'accès informatiques d'opérateurs du middle-office et falsifié les documents «lui permettant de justifier la saisie de ses opérations fictives», selon la banque.
« Les cadres, y compris les cadres dirigeants, responsables de la supervision et des contrôles des opérations concernées, quittent leurs fonctions » a annoncé Daniel Bouton dans un communiqué de presse adressé aux actionnaires et clients.
Pour autant, l’ampleur des pertes laisse planer un doute quant à l’implication d’autres individus. « Cinq milliards d’euros de pertes, c’est énorme, ça représente une position de plusieurs dizaines de milliards d’euros. C’est quasi impossible à cacher» explique un responsable des produits dérivés d’une banque américaine.
Il faut savoir que cette affaire n’est pas nouvelle dans l’univers bancaire. En effet, en février 2005, un courtier britannique avait fait perdre 1,4 milliards de dollars à la Barrings, la plus ancienne banque britannique. Suite à cette affaire, l’établissement avait fait faillite.
Les systèmes de contrôle bancaires mises en place sont-ils réellement fiables et sécurisés ?
Publicité

Publié dans Economie - Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article