La Tecktonik

Vous n’avez pas de petit frère ou de petite sœur adolescents ? Vous n’avez pas mis un orteil en boîte depuis plus de six mois ? Alors il reste une possibilité pour que vous soyez passé à côté du dernier phénomène de mode en date : la tecktonic
Tecktonik est aujourd’hui une marque déposée (vêtements, boisson énergétique, compilations), mais c’est avant tout un mouvement qui a pris naissance en Belgique et qui a mûri au Metropolis. Depuis 2000, cette immense boîte de la région parisienne (Rungis) organise les soirées Tecktonik Killer.
Elle y diffuse du jumpstyle, musique rythmée sur laquelle on danse le jump, et du hardstyle, musique sur laquelle on danse le tecktonik. Carine, 18 ans, adepte de la tecktonik, explique que « pour le jump, on est obligé de faire pareil que les autres, alors que pour la tecktonik, on apprend quelques mouvements, on en invente d’autres, et on les enchaîne comme on veut ».
Des « battles » ont lieu lors de ces soirées. Deux danseurs sont sélectionnés en fonction de leur look (couleurs flashy, motifs funky, étoiles et rayures…). Ils s’affrontent en dansant chacun leur tour, puis les autres danseurs désignent le vainqueur à l’applaudimètre.
Du fait du jeune âge des « tecktonik addicts », des « aprems » sont organisés. En pleine journée, les danseurs se retrouvent dans des lieux publics pour danser, se regarder et apprendre des uns et des autres. La tecktonik s’apparente ainsi à la fois à une discipline sportive et à un spectacle.
Ce phénomène franco-français a pris en l’espace de quelques mois une ampleur inattendue. Une telle tendance générationnelle n’est pas si fréquente, on peut donc s’interroger sur son avenir : feu de paille ou mouvement d’envergure ?
Alors que les adeptes de la première heure craignent la popularisation du phénomène et l’image qu’en donnent les médias (« certains reportages nous ridiculisent »), quelques « vieux » fans d’électro et de dance voient le hardstyle et le jumpstyle comme un retour aux sources bénéfique (Eurodance…). La tecktonik va-t-elle s’épuiser d’elle-même ou va-t-elle entrer dans les mœurs et confirmer un troisième courant électro, au côté du rock et du rap ?
Photo publiée avec l'autorisation de BondyBlog (http://20minutes.bondyblog.fr/)